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Combien va coûter le respect des objectifs climatiques et qui va payer ?

Combien va coûter le respect des objectifs climatiques et qui va payer ?

Tout récemment, le baromètre de la transition 2024 publié par la SPF Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement concluait que la réduction des émissions de gaz à effet de serre en Belgique, qui ont pourtant baissé de 28% entre 1990 et 2022, était insuffisante pour atteindre la neutralité carbone en 2050 et pour respecter l’objectif de réduction des émissions de 47% en 2030 dans les secteurs « non-ETS » (transport, bâtiments, agriculture, déchets).

Publié le 24/03/2025
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Ce mois-ci, c’est une nouvelle étude menée conjointement par le SPF et le Comité d’étude sur les investissement publics (CEIP) qui présente une analyse comparative des différents scénarios d’investissements additionnels qui permettraient de remédier à la situation.

Le document prend en considération différents scénarios de transition vers la neutralité climatique publiés au cours des dernières années par des acteurs privés et publics en Belgique, en lien avec une revue de la littérature au niveau national et international sur les besoins d’investissements supplémentaires qui seraient nécessaires pour financer cette transition.

Les secteurs analysés sont les bâtiments, les transports, l’énergie et l’industrie. Le transport aérien et maritime international, l’agriculture, le traitement des déchets et l’UTCF[1] ne sont pas repris.

L’étude prend en compte à la fois les coûts d’investissement (CAPEX) et les dépenses de maintenance et énergétiques (OPEX).

Les pistes de décarbonation sont connues : rénovation énergétique des bâtiments, densification de l’habitat, électrification de la mobilité, développement des énergies renouvelables, investissement dans les réseaux énergétiques et la gestion de la demande, décarbonation des processus industriels.

Les scénarios étudiés ici combinent trois types de leviers : sobriété, efficacité et technologie.

Les mesures de sobriété portent sur la réduction de la demande énergétique (par exemple, les personnes parcourent moins de kilomètres ou vivent dans des logements plus petits). L’efficacité vise une diminution des besoins en énergie pour répondre au même besoin (par exemple, la consommation énergétique d’une habitation diminue pour le même confort grâce à des mesures d’isolation). Les solutions technologiques consistent à remplacer une technologie par une autre pour le même usage (par exemple, remplacer les voitures à combustion interne par des véhicules électriques ou les chaudières au gaz par des pompes à chaleur).

Il en ressort que les investissements supplémentaires nécessaires se situent entre une fourchette haute de 25 milliards d’euros en moyenne annuelle (4,3% du PIB) et une fourchette basse de 11 milliards d’euros (1,9% du PIB).

Pour le secteur des bâtiments, la fourchette se situe entre 7 et 10 milliards d’euros supplémentaires par an, entre 3 et 8 milliards d’euros pour l’énergie, d’1 milliard d’euros pour le transport et de 0,4 à 1,6 milliards d’euros pour l’industrie.

Les évaluations les plus basses correspondent aux scénarios qui intègrent au maximum les leviers de sobriété. La densification de l’habitat qui réduit les besoins de déplacement, l’utilisation accrue des transports en commun ou du co-voiturage, le choix de la rénovation plutôt que de la démolition/reconstruction notamment sont des options qui réduisent les besoins énergétiques en lien avec des coûts d’investissement moindres notamment dans les infrastructures énergétiques et le dimensionnement des réseaux.

Néanmoins, un débat politique et sociétal s’impose sur les orientations et les mesures à privilégier, en particulier au niveau régional car les options qui devront être prises pour faire face aux enjeux climatiques sont de véritables choix de société susceptibles d’engendrer de réels bouleversements.

La transition énergétique ne doit en aucun cas reposer sur les plus fragiles qui n’ont pas les moyens de réaliser les investissements nécessaires individuellement et qui se verraient pénalisés par des coûts énergétiques croissants ou par une marginalisation liée au non-accès à la mobilité électriques ou à de nouvelles normes sociales auxquelles ils ne seraient pas en mesure de s’adapter.

A côté des investissements proprement dits, la règlementation doit évoluer afin d’encourager la sobriété au niveau de l’aménagement du territoire, de promouvoir le transfert modal ou encore de définir un cadre favorable à l’économie circulaire pour ne citer que quelques exemples.

Fort heureusement, la sobriété dans ce domaine peut aller de pair avec une plus grande justice sociale aussi bien au niveau de la rénovation du bâti que de la mobilité.

Un point essentiel est évidemment celui de l’emploi. Toutes ces évolutions vont engendrer des transformations en termes d’emplois et de compétences entre les secteurs et à l’intérieur des secteurs dont il convient pour les pouvoirs publics de s’emparer activement.

Enfin se pose la question des modes de financement qui, elle aussi, est liée à celle de la justice sociale. L’étude envisage quatre modèles : les aides à l’investissement, les prises de participations et prêts, les partenariats publics-privés et la régulation d’infrastructures financée par des capitaux privés tout en gardant à l’esprit que le développement des transports en commun ou des réseaux énergétiques requièrent une planification stratégique des pouvoirs publics mais aussi que nombre de ménages n’ont pas accès aux financements privés et ont besoin de l’aide directe des pouvoirs publics pour être en mesure de participer à la transition.

 



[1] Utilisation des terres, changements d’affectation des terres et foresterie

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