Newsletter n° 59 - Environnement


Cellules RISE et Mobilité du CEPAG

Juin 2023


Au sommaire :


Be WaPP et formation de base

Comme vous le savez certainement, chaque année, l’asbl Be WaPP – soutenue par la Région wallonne – organise un grand nettoyage au début du printemps (mois de mars). Mais ce que vous ne savez peut-être pas c’est que vous pouvez faire des nettoyages toute l’année !

RISE a organisé une formation de base en environnement en avril 2023. L’une de nos participantes était une ambassadrice Be WaPP.  Elle nous a dit regretter l’état dans lequel notre parking se trouvait, de nombreux déchets jonchant le sol un peu partout … et a proposé de faire une opération nettoyage. Les autres participants étaient partants ! En mai, lors de la deuxième session de formation, nous avons consacré une petite plage horaire dans notre programme pour l’animation « Grand nettoyage du parking de Beez », on aurait pu aussi l’intituler « Sous le viaduc … ». Nous avons ensemble rassemblé le matériel nécessaire : gants, sacs PMC et tout venant, pinces attrape tout, gilets de signalisation. Tout le monde s’y est mis, en trois quart d’heure le parking était propre ! Le service Propreté de la ville de Namur est passé le lendemain pour tout reprendre.

Merci à tous ces participants dynamiques !

  

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Les Écocartes … un outil utile et plutôt agréable

Utile …

Les écocartes, en deux mots … un outil assez accessible, permettant la réalisation d’un mini-audit ou pré-audit environnemental au sein d’une organisation.

Il a l’avantage de présenter une vision large et multicouches de la situation.

Et surtout, pour les représentant·e·s des travailleur·euse·s, il permet de prendre la mesure au plus près des ressenti et vécu de chaque travailleur·euse, qui, rappelons-le, est le·la véritable et unique expert·e de son poste de travail.

Agréable …

Cet outil, à l’origine à destination des employeur·euse·s de TPE et PME, est accompagné d’un guide visuel « pas à pas » qui se révèle plutôt ludique. Il s’agit d’un fichier pdf qui peut être assez long à télécharger.
https://docplayer.fr/16653478-Un-petit-dessin-vaut-mieux-qu-un-long-discours.html

Dans les faits ?

Il s’agit d’un outil …

  • créatif et simple d’aide à l’implémentation d’une gestion environnementale systématique ;

  • visuel et aisé à utiliser permettant d’impliquer les travailleur·euse·s dans une meilleure gestion environnementale ;

  • utile dans la mise en place d’un système de gestion environnementale comme ISO 14001 ou EMAS.

  … qui propose …

  • un inventaire des bonnes pratiques et des problèmes environnementaux ;
  • une méthode systématique d’analyse initiale sur site et d’audit ;
  • un outil permettant l’implication et la participation des travailleur·euse·s ;
  • un support de formation et/ou de prise de conscience environnementale ;
  • une aide à la communication interne et externe ;
  • une manière simple de documenter et suivre les améliorations environnementales.

… sa boîte à outils en dix étapes :

  1. la carte d’implantation urbanistique (le site dans son contexte urbanistique) et la carte d’identité de l’entreprise (données sur l’entreprise) ;
  2. les flux de matières : ce qui entre et sort de l’entreprise (matières premières, énergie, emballages, etc.) ;
  3. la perception des travailleur·euse·s et leur implication (sondage d’opinion – carte météo) ;
  4. les écocartes : eau (consommation d'eau et rejets des eaux usées) ;
  5. les écocartes : sol (stockage des produits inflammables et/ou dangereux) ;
  6. les écocartes : air – odeurs – poussières – bruit (recensement des points d'émission et évaluation du fonctionnement des équipements) ;
  7. les écocartes : énergies (évaluation de la consommation d’énergie et impacts liés) ;
  8. les écocartes : déchets (évaluation de la prévention et la gestion des déchets) ;
  9. les écocartes : carte des risques (identification des risques d'accidents et de pollution) ;
  10. l’intégration des données et le rapport environnemental (classeur environnemental – indicateurs environnementaux de l’année).
   
     
 

C’est un outil que nous recommandons chaudement tant par les informations et l’aide à l’action syndicale en matière d’environnement qu’il peut apporter, par son approche qui prend en compte le vécu des travailleur·euse·s que par sa structure qui permet d’interpeller adéquatement l’employeur·euse.

Si vous rencontrez un problème de téléchargement, ce fichier est aussi accessible sur demande à la Cellule RISE du CEPAG.

Pour tout renseignement, n’hésitez pas à nous contacter :

Cellule RISE du CEPAG

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Une formation continuée au second semestre 2023

Cette année, la formation continuée RISE sera organisée les 12, 13 octobre, 23, 24 novembre et 5 décembre.

Les thématiques sont les suivantes : enjeux liés à la biodiversité, biodiversité et entreprises, visite d’Hesbaye Frost, produits dangereux, escape game pédagogique, législation (REACH, code du bien-être au travail, fiches de sécurité), méthode Sobane, surveillance de la santé, pollutions intérieures et ateliers produits d’entretien, mobilité.

 
  • Les informations précises et modalités d'inscription seront communiquées aux Permanents syndicaux.
  • Les inscriptions ne peuvent se faire que par eux.

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Les Etats-Unis, un exemple pour l’Europe ?

Le budget de ce plan s’élève à 430 milliards de dollars (400 milliards d’euros) dont 370 milliards (335 milliards d’euros) serviront à financer des mesures sur 10 ans qui doivent permettre aux Etats-Unis de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 40 % d’ici 2030 par rapport à 2005.

La Maison blanche affirme que « le plan de réduction de l’inflation sera l’action la plus ambitieuse de l’histoire américaine en matière de lutte contre le changement climatique, ce qui permettra d’aider les travailleurs américains à s’en sortir et de créer des emplois syndiqués et bien rémunérés dans tout le pays ».

Selon l’Agence de protection de l’environnement américaine (EPA), celui-ci-ci devrait permettre de faire passer les émissions de CO2 annuelles américaines de 5.600 millions de tonnes par an en 2021 et à 3.800 d’ici 2035. La création de plus de 100.000 emplois a déjà été annoncée depuis la ratification de la loi pour plus de 89 milliards de dollars d’investissements.

Ce plan prévoit notamment :

  • des crédit d’impôts majorés pour les entreprises qui octroient des salaires décents et embauchent des apprentis ;
  • la taxation des rachats d’actions par les entreprises pour les encourager à investir au lieu d’enrichir les CEOs ;
  • des crédits d’impôts supplémentaires pour les projets d’énergie propres mis en place dans des zones qui dépendaient auparavant de l’industrie extractive.

Pour financer les différentes mesures adoptées, le plan prévoit la création d’un impôt minimum de 15% sur les bénéfices des grandes entreprises réalisant plus d’un milliard de dollars de bénéfices. Le taux d’impôt sur les sociétés est aujourd’hui de 21 % mais la plupart des entreprises acquittent un taux effectif beaucoup plus bas en profitant de crédits d’impôts ou grâce à l’optimisation fiscale.

Cette loi contrarie les Européens car les subventions ne seront accordées que pour des produits fabriqués aux Etats-Unis.

Les Européens craignent donc surtout des délocalisations massives d’entreprises européennes ou américaines ayant investi en Europe et qui préfèreront fabriquer sur le sol américain pour pouvoir bénéficier de ces aides.

D’après une enquête réalisée par la DIHK (Association of German Chambers of Industry and Commerce), sur environ 2.400 entreprises allemandes, près de 10 % de ces dernières envisageraient de délocaliser leur production pour profiter de l’« Inflation Reduction Act » américain. À noter que cette proportion monte à 23 % pour les constructeurs et fournisseurs du secteur de l’automobile.

L’enquête montre également que de nombreuses entreprises spécialisées dans la construction mécanique, la chimie et le plastique envisageraient de délocaliser.

De plus, 17 % des entreprises allemandes installées aux USA ont indiqué qu’elles souhaitaient augmenter leurs investissements dans le pays.

Mais le principal enjeu est plus encore pour l’Union européenne d’attirer les prochains investissements des entreprises mondiales, en particulier, du secteur de l’automobile et de favoriser la transition des véhicules thermiques vers l’électrique.

Le Pacte vert industriel de l’Union européenne

En réponse à l’introduction par les Etats-Unis de sa loi sur la réduction de l’inflation, la Commission européenne a adopté le 1er février 2023 une « Communication sur le plan industriel du Pacte vert pour l’ère zéro-émissions nettes » qui inclut environ 250 milliards d’euros de fonds européens et des milliards supplémentaires en aides nationales d’Etat destinées à soutenir les entreprises de technologies propres.

Toutefois, alors que les compétences constituent l’un des piliers du « Green deal », le texte n’inclut aucune condition sociale au financement qui assurerait que celui-ci soit utilisé pour créer des emplois et des apprentissages de qualité.

Les syndicats européens face à ces constats demandent d’inclure les conditions sociale suivantes :

  • négociation avec les syndicats et respect des conventions collectives ;
  • information et consultation des syndicats concernant les décisions relatives aux fusions et aux investissements ;
  • éviter les licenciements et la détérioration des conditions de travail ;
  • interdiction du paiement de dividendes lorsqu’une entreprise bénéficie d’une forme quelconque de financement public ;
  • requalification et création d’apprentissage et de postes en apprentissage et d’emplois diplômés de haute qualité.
  • Ces exigences s’imposent d’autant plus que la Commission européenne estime que 35 à 40 % de tous les emplois risquent d’être impactés par la transition écologique.

À force de tergiverser, les Etats-Unis ne prennent-ils pas des mesures qui aurait dû voir le jour depuis longtemps en Europe qui proclame pourtant son attachement à l’objectif de transition juste ?

Il apparaît également que les revendications des syndicats en termes d’emplois et de formation, clamées depuis des années, sont extrêmement réalistes et que la transition bas carbone ne pourra se faire qu’en intégrant les trois dimensions : l’économique, le social et l’environnement.

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J’ai lu pour vous : Greenwashing, manuel pour dépolluer le débat public

Sous la direction d’Aurélien Berlan, Guillaume Carbou et Laure Teulières

Nous avons tous une idée de ce qu’est le greenwashing ou l’écoblanchiment : remplacer l’emballage d’un produit pour donner l’illusion qu’il est durable, verdir l’enseigne d’un fast food, se donner pour objectif la neutralité Carbone plutôt que de diminuer concrètement les émissions de gaz à effet de serre …

D’après les auteurs du livre, le greenwashing va beaucoup plus loin que le simple « verdissement de façade » car il s’insinue partout et obscurcit les débats.

Dans ce livre, les chercheuses et chercheurs du collectif toulousain Atécopol vous proposent un manuel d’autodéfense intellectuelle afin d’appréhender le greenwashing au travers vingt-quatre entrées telles que biodiversité, compensation, construction éco-responsable, croissance verte, dématérialisation, énergie décarbonée, responsabilité sociétale des entreprises, finance verte, villes durables, etc.

Afin de vous donner un aperçu du livre, je vous propose une synthèse de l’entrée suivante :
Energie décarbonée. Mangeons-nous assez de frites pour voyager en avion ? Frédéric Boone, Mickaël Coriat, Michel Duru, Julian Carrey, Florian Simatos

Depuis 1800, la consommation énergétique mondiale a été multipliée par trente. L’énergie provient à 80 % de ressources fossiles donc, émettrices de GES. L’énergie dite « décarbonée », entendez renouvelable et nucléaire, n’émettrait pas ou si peu de gaz à effet de serre. Or d’après les auteurs, il est essentiel de prendre du recul car de telles affirmations sont porteuses de greenwashing.  Quelques questions méritent d’être posées.

Décarbonée, vraiment ?

Le terme est trompeur.  Comparées aux énergies fossiles, lors de leur utilisation, les énergies renouvelables n’émettent pas de CO2, mais qu’en est-il en amont? En effet, il y a lieu de tenir compte notamment de la fabrication d’infrastructures et des dispositifs de stockage. Quand ces divers aspects sont pris en compte, il est plus juste de parler d’énergies « bas carbone ».

La solution répond-elle à l’urgence de la situation ?

 De nombreuses solutions à la crise climatique sont évoquées : fusion nucléaire, microalgues permettant de produire du carburant, avion à Hydrogène, … mais quand seront-elles disponibles à grande échelle ? Le déploiement de systèmes énergétiques peut prendre des décennies. Or, le GIEC indique que nous n’avons pas autant de temps devant nous. Une décarbonation de notre énergie n’a de sens que si elle est basée sur des technologies déjà matures.

Quelle est la source d’énergie primaire ?

Ainsi l’hydrogène produit actuellement dans le monde provient très majoritairement du gaz naturel conduisant à des émissions de CO2 lors de sa fabrication. On peut également produire de l’Hydrogène par électrolyse de l’eau, méthode vertueuse si ce sont des énergies renouvelables qui sont employées.

Quels sont les autres impacts directs sur l’environnement et les humains ?

L’utilisation de végétaux pour produire de l’énergie fait appel aux monocultures intensives parfois aux dépens de la biodiversité et de la souveraineté alimentaire. L’énergie hydraulique repose sur la construction de barrages ayant des conséquences sur la faune aquatique ainsi que sur les populations qui doivent être déplacées.

Quelles sont les ressources nécessaires ?

Le terme renouvelable est parfois trompeur. Oui le soleil est là pour longtemps encore mais la canalisation des énergies naturelles requiert des ressources non renouvelables. Pour une éolienne de 3 MW il faut 3 tonnes d’aluminium, 4,7 tonnes de cuivre, 335 tonnes d’acier et 1.200 tonnes de béton. Pourra-t-on extraire suffisamment de minerais pour nos futurs besoins ? A cela s’ajoute les conséquences désastreuses au niveau écologique et social de l’extraction minière.

Y a-t-il suffisamment d’espace ?

La production d’énergie renouvelable tel que l’éolien, le solaire ou plus encore la biomasse requiert beaucoup d’espace créant de ce fait une compétition entre plusieurs productions. Les terres agricoles dédiées à la culture de biomasse le sont aux détriments de terres agricoles pour l’alimentation, pour la foresterie nécessaire à la captation de CO2 ou encore pour les produits bio-sourcés. Une façon de réduire ces concurrences serait de diminuer notre consommation de viande.

Quel est le stock disponible ?

Aujourd’hui, certaines compagnies aériennes mettent en avant qu’il est possible de faire voler un avion avec des huiles de cuisson usagées et de diminuer les émissions de CO2 du vol de 70 %. Pourquoi pas, après tout ce sont des déchets … sauf que leur quantité est bien trop faible pour répondre aux besoins de l’aviation !

Conclusion

Les énergies renouvelables, la bioénergie et l’hydrogène ont un rôle à jouer dans la construction d’un monde bas carbone. Cependant, se focaliser uniquement sur des solutions technologiques masque l’autre piste indispensable pour réduire notre empreinte environnementale : la sobriété.

Mon avis

 Bien que les différents articles soient de qualité inégale, le manuel vaut cependant le détour car il tient ses promesses : il est un soutien, une source d’inspiration pour construire des argumentations autour de divers sujets environnementaux d’actualité.

Evelyne Jadoul
Conseillère RISE

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 Les cellules syndicales RISE et Mobilité

La Cellule RISE

Le projet RISE (Réseau Intersyndical de Sensibilisation à l'Environnement) a vu le jour en 1996. Soutenu par la Région wallonne, il rassemble la FGTB et la CSC autour de plusieurs objectifs :

  • sensibiliser les travailleurs et leurs représentants à l'environnement ;
  • stimuler la concertation sociale en environnement dans les entreprises ;
  • renforcer la capacité d'intervention des délégués sur les questions environnementales.

RISE vous propose différents outils pour vous aider dans vos actions :

  • des formations sur l'environnement ;
  • un service d'aide auquel adresser vos questions ;
  • un appui sur le terrain ;
  • un site web : http://www.rise.be ;
  • des brochures sur différents sujets relatifs à l'environnement (téléchargeables sur le site) ;
  • une lettre d'information semestrielle.

     Pour toute information, n'hésitez pas à nous contacter    

Cellule RISE du CEPAG
Rue Haute 42 - 1000 Bruxelles

  • Conseillers : Lydie Gaudier, Evelyne Jadoul, Philippe Raway
  • Secrétariat : Daniel Wojtalik
  • Contact : 02 506 83 96 - cepag@rise.be
  • Site Webhttp://www.rise.be

La Cellule Mobilité

La Cellule Mobilité du CEPAG poursuit trois objectifs principaux :

  • stimuler la concertation sociale en matière de mobilité dans les entreprises ;
  • renforcer la capacité d'intervention des délégués syndicaux sur ces questions ;
  • informer et sensibiliser les travailleurs et leurs représentants aux problématiques liées à la mobilité.

Le travail de la Cellule Mobilité s'organise sur 3 axes principaux :

  • axe 1 - Formation et sensibilisation : des formations, des séances de sensibilisation, la participation aux congrès syndicaux, colloques et événements particuliers (par exemple: la semaine de Mobilité) ;
  • axe 2 - Expériences-pilotes : des actions sur le terrain sous la forme d'expériences-pilotes dans différentes entreprises ;
  • axe 3 - Appui technique aux délégués : brochures, une newsletter électronique, un site Internet, un service d'aide.

     Pour toute information, n'hésitez pas à nous contacter    

Cellule Mobilité du CEPAG
Rue Haute 42 - 1000 Bruxelles

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