Lettre d'information n° 40 - FGTB


Cellules RISE et Mobilité du CEPAG

Novembre 2019


 Au sommaire du 40e numéro de notre lettre d'information :


 

   RISE

 

 

 

Sommet Climat des Nations Unies à New-York : une mobilisation sans précédent pour le climat du 20 au 27 septembre et c'est pas fini !

Le Sommet des Nations Unies pour le climat qui s'est déroulé le 23 septembre 2019 à New York a été largement médiatisé en raison du discours de Greta Thunberg et à la couverture par la presse de sa traversée de l'Atlantique en voilier mais surtout grâce à l'énorme mobilisation qui a eu lieu à travers le monde dans le cadre du mouvement « Grève mondiale pour le climat » qui a mené des actions tout au long de la semaine du 20 au 27 septembre.

Plus de 7,6 millions de personnes sont descendues dans la rue et ont fait grève dans 185 pays. 73 organisations syndicales ont participé, démontrant ainsi que la population dispose du pouvoir nécessaire pour faire dévier le modèle de société actuel et pousser les dirigeants à mettre en œuvre les mesures qui permettraient de répondre à la crise climatique.

« Si nous ne changeons pas d'urgence nos modes de vie, nous mettons en péril la vie elle-même », a déclaré António Guterres, le Secrétaire général des Nations Unies, dans un discours devant des dizaines de chefs d'Etat et de gouvernement participant à ce sommet.

Il a appelé à réduire de 45 % les émissions mondiales de gaz à effet de serre d'ici 2030 en vue d'atteindre la neutralité carbone en 2050.

En Belgique, la Coalition Climat, dont est membre la FGTB, a lancé le 22 septembre un décompte de 100 jours aux élus belges pour adopter des mesures très concrètes face à l'urgence climatique.

Elle demande notamment un rehaussement de l'ambition du Plan national Energie Climat (PNEC) afin d'être en mesure de rencontrer les objectifs de l'Accord de Paris, avec un objectif intermédiaire pour 2030 et un objectif de décarbonation de l'économie avant 2050.

L'objectif central de l'Accord de Paris est de renforcer la réponse mondiale à la menace du changement climatique en maintenant l'augmentation de la température mondiale à un niveau bien inférieur à 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels et de poursuivre les efforts pour limiter encore davantage l'augmentation de la température à 1,5 °C.

Elle demande également que le concept de transition juste soit clairement mentionné dans le PNEC et opérationnalisé par des mesures concrètes.

Le PNEC 2021-2030 doit être notifié à la Commission européenne pour le 21 décembre 2019.

Ce plan définit les grandes lignes de la transition vers un système énergétique durable, fiable et financièrement abordable dans la cadre de l'Accord de Paris. Il porte sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, l'efficacité énergétique, la sécurité d'approvisionnement, le marché intérieur, la recherche, l'innovation et la compétitivité. Une première version a été soumise à enquête publique le 4 juin dernier. Il reprend les plans développés par l'ensemble des entités fédérées dont la Wallonie.

La Coalition Climat a, par ailleurs, demandé au Premier ministre d'annoncer à New-York :

  • un rehaussement clair de l'ambition climatique belge ;
  • le doublement de la contribution de notre pays au Fonds vert pour le climat ;
  • l'élaboration d'un plan national pour la transition juste vers une société bas carbone.

Au niveau international, le Secrétaire général de l'ONU a, par ailleurs, présenté une nouvelle initiative Action climatique pour l'emploi. Il s'agit d'un programme dont l'objectif est d'assurer l'intégration de la transition juste et de la notion d'emplois décents dans les plans d'action que les gouvernements se sont engagés à présenter en vue de la COP 26 qui se tiendra en 2020 en Ecosse.

Malgré les efforts déployés, le bilan du Sommet de New York ne permet pas de renverser la tendance. Il a été boycotté par les Etats-Unis et le Brésil et la Chine et l'Inde n'ont pris aucun engagement.

Néanmoins, la Russie a annoncé son adhésion à l'Accord de Paris et 66 pays, 10 régions, 102 villes et 12 investisseurs, dont la Belgique, se sont engagés à atteindre la neutralité carbone en 2050.

Deux journées d'actions sont prévues à quelques jours de la COP 25 qui se tiendra finalement à Madrid du 2 au 13 décembre afin d'amener les 185 Etats signataires de l'Accord de Paris à augmenter leur ambition climatique :

  • la 4e Grève mondiale pour le climat aura lieu le 29 novembre à l'initiative de Students for Climate, Youth for Climate et Workers for Climate. Des manifestations auront lieu dans 7 villes en Belgique ;
  • une chaîne humaine sera organisée, le 8 décembre, sur la petite ceinture de Bruxelles.

Plus d'infos concernant ces actions dans nos actualités.

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Vous reprendrez bien un degré de plus ? Non merci, sans façon

D’après le Groupe Intergouvernemental d’Experts sur l’Evolution du Climat (GIEC), il est impératif de limiter le réchauffement planétaire à 1,5 °C.

Dans son rapport spécial, le GIEC traduit ses scénarios (1,5 °C, 2 °C, 3 °C) en futurs possibles pour les humains et les écosystèmes.

A quoi faut-il s’attendre ?

  • Scénario 1 : décarbonation rapide (un scénario possible parmi les plus favorables)

En 2020, la communauté internationale s’est entendue sur une diminution drastique des émissions de CO2 compatible avec l’arrêt du réchauffement climatique à 1,5 °C d’ici 2100. Le transport est fortement décarboné notamment via l’usage de voitures électriques. Plusieurs usines de capture et de stockage du carbone sont testées à partir des années 2020. La concurrence pour les terres afin de répondre aux objectifs de production de biomasse-énergie, de sécurité alimentaire et de conservation de biodiversité est réduite. L’approvisionnement en biomasse-énergie est ainsi assuré par le stockage et le captage du carbone à partir de déchets agricoles, d’algues, … Le gaspillage alimentaire est drastiquement réduit avec la promotion de régimes alimentaires sains réduisant la consommation de viande et les émissions de gaz à effet de serre (GES) qui y sont associées.

De nombreux écosystèmes naturels restent relativement intacts, ce qui leur permet de continuer à fournir la plupart des services écosystémiques.

En 2100, la température moyenne mondiale est en moyenne 0,5 °C plus chaude qu’en 2018. Il n’y a eu qu’une légère augmentation de la température au cours du XXIe siècle. Les collectivités côtières sont aux prises avec des inondations accrues associées à l’élévation du niveau de la mer et à des pluies abondantes plus fréquentes et plus intenses. L’étendue des glaciers diminue dans la plupart des régions montagneuses. La réduction de la glace de mer arctique ouvre de nouvelles voies de navigation et de nouveaux corridors commerciaux. Les petits états insulaires, les zones côtières et les basses terres ont connu des changements importants mais ont persisté dans la plupart des régions. La zone méditerranéenne devient plus sèche, l’irrigation des cultures s’étend entraînant une baisse des nappes phréatiques dans de nombreuses régions. L’Amazonie est raisonnablement bien préservée. La glace de mer estivale n’a pas complètement disparu de l’Arctique et les récifs coralliens après un dépérissement important se sont partiellement rétablis en 2100. Les rendements des cultures restent relativement stables. L’ensemble des dommages économiques causés par les effets du changement climatique est relativement faible bien qu’il y ait des pertes locales associées à des phénomènes météorologiques extrêmes. Le bien-être humain reste globalement similaire à celui de 2020.

  • Scénario 2 : action différée (un scénario possible parmi les scénarios intermédiaires)

En 2020, la communauté internationale renouvelle son soutien à l’Accord de Paris (maintien d’une hausse de température à 1,5 °C) mais les objectifs pour y arriver ne sont pas assez ambitieux pour avoir une stabilisation à 2 °C et encore moins à 1,5 °C.

Dans les années 2020, les températures dépassent régulièrement 1,5 °C de réchauffement. On assiste à des vagues de chaleur mortelles dans les grandes villes, des sécheresses en Europe australe, en Afrique australe, dans la région amazonienne, de grandes inondations en Asie. Tout cela contribue à l’augmentation des troubles publics et à une déstabilisation politique. Un sommet mondial d’urgence en 2025 se dirige vers des objectifs climatiques beaucoup plus ambitieux. Les coûts de l’élimination rapide de l’utilisation des combustibles fossiles et des infrastructures qui y sont associées, ainsi que le développement des énergies renouvelables pour réduire les émissions sont beaucoup plus élevés que dans le scénario 1.

La température moyenne atteint son maximum de 2 °C de réchauffement vers le milieu du siècle, elle diminue ensuite en raison de la mise en œuvre des centrales à biomasse avec capture et stockage du carbone. Atteindre 2 °C de réchauffement pendant plusieurs décennies élimine ou endommage gravement les écosystèmes tels que les récifs coralliens et les forêts de mangroves avec pour conséquence une réduction considérable des niveaux de protection côtière contre les tempêtes, les vents et les vagues. Ces impacts sont amplifiés par l’élévation constante du niveau de la mer et l’intensification des tempêtes. La superficie nécessaire à la production intensive de biomasse-énergie, associée à un stress hydrique croissant, exerce une pression sur les prix des denrées alimentaires, entraînant des taux élevés d’insécurité alimentaire, de faim et de pauvreté. Les rendements agricoles diminuent sous les tropiques entraînant des famines dans les pays africains. Dans la plupart des pays, la production alimentaire l’emporte sur la protection de la biodiversité de sorte que l’étendue et la richesse des écosystèmes naturels diminuent en raison des changements climatiques et des changements d’affectation des terres. En Méditerranée, de nombreux écosystèmes naturels sont perdus.

En 2100, le réchauffement a diminué mais reste supérieur à 1,5 °C. Les migrations, les déplacements forcés et la perte d’identité sont importants dans certains pays. La santé et le bien-être des personnes se dégradent tandis que les niveaux de pauvreté augmentent.

  • Scénario 3 : action non coordonnée (un scénario possible parmi les scénarios les plus défavorables)

En 2020, malgré les engagements pris par le passé, le soutien international à l’Accord de Paris commence à diminuer. Dans les années qui suivent, les émissions de CO2 sont réduites aux niveaux local et national, mais les efforts sont limités et pas toujours fructueux.

Les évènements les plus extrêmes ont tendance à se produire dans les régions les moins peuplées et n’augmentent donc pas la préoccupation mondiale. Néanmoins, les vagues de chaleur sont plus fréquentes dans plusieurs villes et il y a moins de neige dans les stations de montagne des Alpes, des Rocheuses et des Andes. Le réchauffement planétaire de 1,5 °C est atteint en 2030 mais aucun changement majeur n’intervient dans les politiques.

Après 2030, plusieurs années catastrophiques se succèdent alors que le réchauffement planétaire commence à approcher les 2 °C. De grandes vagues de chaleur sévissent sur tous les continents, avec des conséquences mortelles dans les régions tropicales et les mégapoles asiatiques. La sécheresse s’étend dans les régions bordant la mer Méditerranée, le centre de l’Amérique du Nord, la région amazonienne et le sud de l’Australie. D’intenses inondations se produisent. Les principaux écosystèmes sont détruits ce qui perturbe les moyens de subsistance locaux. Une sécheresse de deux ans dans les grandes plaines des Etats-Unis et une sécheresse concomitante en Europe de l’Est et en Russie diminuent la production agricole mondiale ce qui entraîne d’importantes augmentations des prix des denrées alimentaires et compromet la sécurité alimentaire. Les niveaux de pauvreté augmentent à une très grande échelle, le risque et l’incidence de la famine augmentent considérablement à mesure que les réserves alimentaires diminuent dans la plupart des pays ; la santé humaine en souffre. Les niveaux de désordre public et de déstabilisation politique, en raison des pressions climatiques croissantes, sont tels que certains pays deviennent dysfonctionnels.

Les principaux pays responsables des émissions de CO2 conçoivent rapidement des plans d’atténuation et tentent d’installer des usines de captage et de stockage du carbone, dans certains cas sans essais préalables suffisants. Les investissements massifs dans les énergies renouvelables arrivent souvent trop tard et ne sont pas coordonnés ; les prix de l’énergie montent en flèche en raison de la forte demande et du manque d’infrastructures.

Le réchauffement de la planète atteint 3 °C d’ici 2100 mais n’est pas encore stabilisé car un niveau nul d’émissions nettes de CO2 n’a pas encore pu être atteint, en raison de la longue durée de vie des concentrations de CO2. Le monde tel qu’il était en 2020 n’est plus reconnaissable, avec une espérance de vie décroissante, une productivité réduite et une qualité de vie inférieure dans de nombreuses régions. Les taux de pauvreté atteignent de nouveaux sommets. Des conflits majeurs explosent. Presque tous les systèmes subissent des impacts irréversibles, les taux d’extinction des espèces sont élevés dans toutes les régions.

Plusieurs petits états insulaires abandonnent tout espoir de survie dans leur région et se tournent vers une communauté mondiale de plus en plus fragmentée pour trouver refuge. Les dommages économiques globaux sont considérables en raison des effets combinés des changements climatiques, de l’instabilité politique et de la perte de services écosystémiques. L’état de santé et le bien-être général de la population sont considérablement réduits par rapport aux conditions de 2020 et continuent de se dégrader au cours des décennies suivantes.

Conclusion

Nous venons de parcourir des « morceaux choisis » de trois scénarios possibles élaborés par le GIEC. Remarquons que le scénario le plus optimiste qui limite le réchauffement à 1,5 °C préconise l’utilisation du captage/stockage du carbone alors que sa mise en œuvre est incertaine et controversée, ce que reconnaît le GIEC dans son rapport. Cela étant précisé, même dans le meilleur des cas, avec un réchauffement limité à 1,5 °C, les impacts environnementaux sont loin d’être négligeables. Lorsque le réchauffement atteint 2 °C, les impacts environnementaux, économiques et sociaux s’amplifient grandement. Pour un réchauffement de 3 °C, les choses tournent à la catastrophe.

Ces prévisions sont alarmantes et nous indique qu’il est urgent de se préparer syndicalement sur tous les tableaux. Dans un monde en pleine mutation où les chocs climatiques risquent d’impacter un grand nombre de personnes, le syndicat y aura toute son utilité car au-delà des solutions technologiques et organisationnelles, il y aura un besoin accru de solidarité.

Bibliographie

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Le déni climatique : comment l’expliquer, comment y remédier ?

Les changements climatiques et leurs conséquences se conjuguent désormais au présent

Selon l’OMS (Organisation mondiale de la santé), en 2018, plus de 1.600 décès ont été liés aux vagues de chaleur et aux incendies de forêts qui ont touché l’Europe, le Japon et les Etats-Unis.

Selon la FAO (Food and Agriculture Organisation) et le PAM (Programme alimentaire mondial), le nombre de personnes sous-alimentées dans le monde est reparti à la hausse, atteignant, en 2017, 821 millions de personnes, notamment à cause des sécheresses observées en 2015 et 2016

Selon l’OMI (Office des migrations internationales), sur les 17,1 millions de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays, plus de 2 millions l’étaient en raison de catastrophes liées à des phénomènes météorologiques et climatiques.

Selon les estimations, le fossé entre les performances économiques des pays les plus riches et les plus pauvres est aujourd’hui de 25 % plus important qu’il ne l’aurait été s’il n’y avait pas de réchauffement climatique.
https://www.nationalgeographic.com/environment/2019/04/climate-change-economic-inequality-growing/

En Belgique, depuis le début des relevés en 1833, la courbe de tendance indique une température moyenne plus élevée de 2,3 °C. Il pleut, aujourd'hui, environ 100 mm de plus par an qu'à la fin du XIXe siècle.

Ces évolutions augmentent les risques de morbidité et de mortalité liés notamment à la pollution de l’air par l’ozone et les particules fines, entraînent des perturbations au niveau des infrastructures de transport, du fonctionnement des centrales électriques, des stations d’épuration de l’eau.

Elles touchent également la biodiversité, favorisant la prolifération de nouvelles espèces au détriment des espèces indigènes. La variabilité plus grande du climat impacte les rendements agricoles même si de nouveaux types de cultures apparaissent, comme la vigne.

Bref, tous les secteurs de l’économie sont finalement concernés ainsi que l’emploi par voie de conséquence, ne serait-ce qu’en matière de conditions de travail notamment pour les services d’urgence des hôpitaux et les pompiers qui peuvent se retrouver débordés en cas de phénomènes climatiques extrêmes amenés à se multiplier.

Pourtant, nous avons tous été confrontés au déni climatique ; bon nombre de nos concitoyens, quel que soit leur niveau de connaissances ou de responsabilité, se refusent à prendre en considération l’ampleur des enjeux. Nous en avons tous fait l’expérience.

Comment peut-on l’expliquer ?

La climatologue canadienne Katharine Hayhoe a tenté de l’expliquer le 8 octobre lors du débat organisé par l’ETUI et intitulé « Les obstacles à l’acceptation par le public de la science, des impacts et des solutions climatiques ».

Tout d’abord, on est surpris de constater que le phénomène de l’effet de serre est connu de longue date puisqu’en 1824, le Français Joseph Fourier en donne la première description: « la température est augmentée par l’interposition de l’atmosphère, parce que la chaleur trouve moins d’obstacle pour pénétrer l’air, étant à l’état de lumière, qu’elle n’en trouve pour repasser dans l’air lorsqu’elle est convertie en chaleur obscure ».

L'analyse des propriétés radiatives des gaz atmosphériques a ensuite commencé en 1860 avec le physicien irlandais Tyndall dans le cadre de ses travaux sur les causes des changements climatiques des périodes glaciaires : « Un léger changement dans les constituants variables de l'atmosphère suffit pour que se modifie la quantité de chaleur retenue à la surface de la Terre enveloppée par la couverture d'air atmosphérique. »

En 1938, le Britannique Guy Callendar approfondit encore les connaissances en calculant que la température moyenne a augmenté régulièrement depuis 1880 ; il évalue cette hausse à 0,3 °C. Il attribue 60 % de cette augmentation aux émissions de gaz à effet serre. D’après ses mesures, la concentration en CO2 dans l'atmosphère a crû d'environ 6 % depuis 1900.

Selon l’étude d’opinion « Yale Climate Opinion Map 2019 » notamment réalisée aux Etats-Unis, deux conclusions s’imposent.

  1. Quand on interroge les gens sur leur positionnement par rapport à l’affirmation : « Il y a des preuves solides que le réchauffement climatique actuel est principalement dû à l’activité humaine et en particulier à la combustion des combustibles fossiles », la réponse est directement dépendante de leur orientation politique, à savoir « oui » pour les partisans du parti démocrate et « non » pour les républicains.

    On s’aperçoit ainsi que sur de nombreuses questions sujettes à polémique, les personnes utilisent leurs capacités de raisonnement de manière sélective de sorte à mettre en conformité leur interprétation des données scientifiques avec leur idéologie politique (Dan M. Kahan et al., 2017).

    C’est ainsi que la perception du message climatique dépend finalement autant de la crédibilité de son auteur au regard de l’identité sociale et des valeurs de la personne que de sa validité scientifique. Il est régulièrement interprété comme un moyen pour le gouvernement de réduire la liberté ou le niveau de vie des citoyens.
  2. Il est étonnant d’observer que les personnes interrogées, même si elles sont convaincues de la réalité des changements climatiques et de ses causes anthropiques, estiment la plupart de temps qu’elles ne seront pas touchées par ses conséquences et que celles-ci affecteront uniquement les générations futures et/ou les régions lointaines.
    https://climatecommunication.yale.edu/visualizations-data/ycom-us/

Ces deux constats ne sont que des exemples des multiples questions posées dans l’étude mais dont les réponses concordent toutes.

La situation est comparable en Europe où si les personnes interrogées sont plus enclines à reconnaître que les activités humaines sont la cause principale des changements climatiques, elles sont cependant réticentes à modifier leurs modes de vie, l’imposition de limites à l’utilisation des combustibles fossiles apparaissant comme l’élément le plus contesté.

La préoccupation pour le climat apparaît comme la plus importante dans les pays du Sud de l’Europe comme le Portugal, l’Italie et l’Espagne.Par ailleurs, les Européens estiment qu’ils sont les seuls à faire leur part pour remédier aux changements climatiques et estiment que les gouvernements ne jouent pas leur rôle.En réaction à ces conclusions sur la perception des changements climatiques et de leurs enjeux, Katharine Hayhoe propose, se basant sur le fait que seuls 36 % des citoyens américains discutent au moins occasionnellement du problème – toujours selon les chiffres de l’étude « Yale Opinion map 2019 » – une méthode pour faire avancer l’opinion publique.

Cette méthode consiste en trois points :

  1. relier et connecter : Il s’agit de démarrer la discussion, non pas en voulant convaincre son interlocuteur avec des arguments scientifiques mais en abordant ce que nous avons en commun avec lui ou avec elle qui nous tient à cœur et qui pourrait être affecté par les changements climatiques ;
  2. expliquer : poursuivre la discussion en discutant de ce qui se passe réellement et que pourrait-on faire pour l’éviter ?
  3. inciter : continuer le débat en réfléchissant à ce que tous les deux pourraient faire pour résoudre le problème d’une façon positive compatible avec nos valeurs communes.

Elle suggère également de montrer tout ce qui se fait déjà et qui peut laisser espérer que d’autres initiatives se multiplieront.

Cependant, il ne s’agit pas seulement de modifier nos propres comportements individuels ni d’impulser des sauts technologiques mais de faire en sorte de pousser nos représentants politiques, les entreprises et l’ensemble des acteurs de la société à défendre une société basée sur le partage et la justice sociale plutôt que sur la croissance infinie.

La réponse de Katharine Hayhoe ne répond ainsi pas complètement à la difficulté posée au départ par les enquêtes d’opinion citées qui est comment amener les individus à remettre en question les valeurs qui forment leur identité et celle de leur milieu social ?

Comment par ailleurs renoncer à consommer quand on a déjà du mal à boucler ses fins de mois comme un cinquième de la population wallonne en situation de précarité énergétique ?

Le débat reste donc en grande partie ouvert sur le phénomène du déni climatique mais l’approche portée par Katharine Hayhoe a le mérite d’avancer dans la compréhension du phénomène et d’apporter une pierre au débat.

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La Cellule RISE, un outil pour soutenir votre action

Le projet RISE (Réseau Intersyndical de Sensibilisation à l'Environnement) a vu le jour en 1996. Soutenu par la Région wallonne, il rassemble la FGTB et la CSC autour de plusieurs objectifs :

  • sensibiliser les travailleurs et leurs représentants à l'environnement ;
  • stimuler la concertation sociale en environnement dans les entreprises ;
  • renforcer la capacité d'intervention des délégués sur les questions environnementales.

RISE vous propose différents outils pour vous aider dans vos actions :

  • des formations sur l'environnement ;
  • un service d'aide auquel adresser vos questions ;
  • un appui sur le terrain ;
  • un site web: http://www.rise.be ;
  • des brochures sur différents sujets relatifs à l'environnement (téléchargeables sur le site) ;
  • une lettre d'information semestrielle.
Pour toute information, n'hésitez pas à nous contacter

Cellule RISE du CEPAG

     Conseillers : Jean-Luc Dossin, Lydie Gaudier, Evelyne Jadoul    

Secrétariat : Daniel Wojtalik
Rue Haute 42 - 1000 Bruxelles Tél. 02 506 83 96

Mail : cepag@rise.be
Site Web : http://www.rise.be

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   MOBILITE

 La Cellule Mobilité

La Cellule Mobilité du CEPAG poursuit trois objectifs principaux :

  • stimuler la concertation sociale en matière de mobilité dans les entreprises ;
  • renforcer la capacité d'intervention des délégués syndicaux sur ces questions ;
  • informer et sensibiliser les travailleurs et leurs représentants aux problématiques liées à la mobilité.

Le travail de la Cellule Mobilité s'organise sur 3 axes principaux :

  • axe 1 - Formation et sensibilisation : des formations, des séances de sensibilisation, la participation aux congrès syndicaux, colloques et événements particuliers (par exemple: la semaine de Mobilité) ;
  • axe 2 - Expériences-pilotes : des actions sur le terrain sous la forme d'expériences-pilotes dans différentes entreprises ;
  • axe 3 - Appui technique aux délégués : brochures, une newsletter électronique, un site Internet, un service d'aide.

     Pour toute information, n'hésitez pas à nous contacter    

Cellule Mobilité du CEPAG

Conseillers : Julie Rigo, Jean-Luc Dossin

Secrétariat : Daniel Wojtalik
Rue Haute 42 - 1000 Bruxelles Tél. 02 506 83 96

Mail : mobilite@cepag.be
Site Web : http://www.cepag.be/mobilite

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