Lettre d'information n° 37 - FGTB


Cellules RISE/Mobilité du CEPAG

Mai 2019 - N° spécial "Climat"


Au sommaire du 37e numéro de notre lettre d'information :


26 juin 2019 : journée mondiale d’action pour le climat sur le lieu de travail !

Cette année aura lieu la première journée mondiale pour le climat sur le lieu de travail. L’objectif de cette journée est d’engager un dialogue avec les employeurs sur les mesures envisagées pour lutter contre le changement climatique au niveau de l’entreprise et sur la manière dont les emplois vont pouvoir être préservés.

A cette occasion, la CSI (Confédération Internationale des Syndicats) a publié un guide destiné aux représentants des travailleurs: https://www.ituc-csi.org/cpow-campaign-fr

Ce guide propose toute une série de ressources dont un modèle de lettre à envoyer à l’employeur en vue de l’organisation d’une rencontre, des questions à poser en réunion, et deux vidéos interpellantes sur l’évolution du climat pays par pays.

Une page web est disponible, où vous pouvez vous inscrire pour obtenir de plus amples informations et télécharger les affiches de la campagne et les visuels sur les réseaux sociaux.

La cellule RISE du CEPAG vous encourage à participer à cette campagne et nous faire part (ainsi qu’à la CSI) des résultats de la rencontre que vous aurez eue en envoyant une photo ou en décrivant les principaux éléments de la discussion en quelques mots.

En 2020, lors de la deuxième journée mondiale, il s’agira d’évaluer les progrès accomplis…

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Pourquoi le climat est-il une problématique syndicale ?

Les changements climatiques affectent de manière croissante l’emploi et le modèle de production :

  • le 5 août 2018, EDF a dû mettre à l’arrêt quatre réacteurs nucléaires dont la centrale nucléaire de Fessenheim afin de respecter les autorisations de rejets thermiques dans le Grand canal d’Alsace ;
  • au-delà de 34 degrés à l’ombre, les rails des chemins de fer commencent à se dilater et les caténaires à se déformer, pouvant entraîner des dégâts sur le matériel roulant ;
  • dans le secteur de la construction, couler du béton sous haute température provoque un séchage trop rapide du matériau et entraîne des fissures ;
  • le 27 juillet 2018, le réseau TEC Liège-Verviers était en grève en raison des conditions de travail des chauffeurs dans un contexte de canicule, 10 à 15 % de véhicules du parc n’étant pas climatisés ;
  • la multiplication des événements liés au climat, qu’ils s’agisse de canicules, de sècheresses, d’inondations, de vents violents ont un impact sur l’intensification de la charge de travail des services de secours pompiers et ambulances et des services d’urgence dans les hôpitaux ;
  • l’agriculture et l’industrie agroalimentaire sont au premier rang des activités touchées. Si certaines cultures pourraient être favorisées comme celles du blé et de l’orge, d’autres comme le maïs et la betterave pourraient être pénalisées. Par ailleurs, la variabilité des rendements serait amplifiée en fonction notamment de la disponibilité des ressources en eau. Des problèmes liés à l’érosion des sols pourraient également survenir en raison de fortes précipitations à certaines périodes de l’année ;
  • la Brasserie Cantillon à Anderlecht a dû interrompre ses activités deux fois en 15 ans en raison de températures trop élevées pour permettre la fermentation, ce qui n’avait jamais été le cas auparavant.

Les réponses technologiques au changement climatique ne sont pas non plus sans conséquences sociales. Pensons à l’ubérisation de l’économie et aux risques de précarisation et de détérioration des conditions de travail qui peuvent découler des nouveaux modèles économiques, comme l’économie circulaire.

Beaucoup d’autres exemples pourraient être cités et les impacts sur l’emploi, les inégalités sociales et la santé iront croissant si des transformations profondes et socialement justes de notre système économique ne sont pas réalisées rapidement.

Le climat est une problématique syndicale, tout simplement parce que les combats syndicaux ne peuvent aboutir dans un monde plus chaud. La création d’emplois de qualité, une sécurité sociale forte, l’amélioration de la santé et de la sécurité au travail ne sont pas compatibles avec la crise économique et sociale qui en résulterait.

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Comment les syndicats peuvent-il faire agir pour le climat ?

Il faut savoir que le mouvement syndical international est à l’origine de l’inscription dans le préambule de l’Accord de Paris adopté lors de la COP 21 en 2015, de la notion de transition juste.

La transition juste, telle théorisée au fil du temps par le mouvement syndical, repose sur 5 piliers :

  • le dialogue entre les pouvoirs publics et les principaux acteurs dont les représentants des entreprises, des syndicats, des autorités locales et régionales, et des associations ;
  • des emplois verts et décents grâce à des investissements domestiques dans les technologies bas carbone, la recherche et développement (R&D) et l’innovation, et le transfert de technologies ;
  • des compétences « vertes » : des stratégies actives d’éducation, de formation, de développement des compétences au service d’une économie bas carbone et efficace dans l’utilisation des ressources, à l’initiative des pouvoirs publics ;
  • le respect des droits humains et du travail : la prise de décision démocratique et le respect des droits humains et du travail sont essentiels pour garantir une représentation juste des intérêts des travailleurs, des travailleuses et des communautés au plan national ;
  • des systèmes de sécurité sociale forts et efficaces.

Néanmoins, la définition du concept n’est pas un aboutissement. Tout reste à construire !

Quelle stratégie faut-il mettre en place pour accompagner les travailleurs des secteurs appelés à disparaître ou à se transformer en profondeur, comme la pétrochimie, le charbon ou le nucléaire ? Et quels incitants développer pour les secteurs d’avenir comme ceux du bâtiment, des transports en commun ou encore des énergies renouvelables ?

En Europe, 300 000 emplois dépendent de l’exploitation du charbon et du lignite dont 80 000 mineurs dans la seule région charbonnière de Silésie en Pologne, sans compter les emplois indirects dans la logistique, la production d’énergie, le nettoyage, …

Pour transformer un tel modèle économique, il faut négocier des alternatives pour les travailleurs, investir massivement dans le développement d’activités économiques nouvelles et créatrices d’emplois, former les travailleurs aux nouvelles compétences qui seront nécessaires, …

Si l’ensemble des acteurs et, en particulier l’Etat et les entreprises, ne se donnent pas les moyens d’une transition socialement juste, le risque est grand d’une montée croissante des populismes en Europe et ailleurs.

Par exemple, pour construite des éoliennes offshore, Il faut former des soudeurs, des mécaniciens, des installateurs capables de travailler avec des métaux très particuliers et dans des conditions difficiles.

C’est donc d’une modification structurelle de l’économie dont il s’agit !

Une première étape que proposent les syndicats pour avancer est de rassembler tous les acteurs, et en particulier les partenaires sociaux, dans le cadre d’une conférence nationale sur la transition juste afin de définir une vision commune vers une société durable, décarbonée et résiliente.

Les secteurs appelés à se reconvertir doivent clairement être ciblés et l’autorité publique doit reprendre la main sur l’innovation industrielle.

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Climat : des outils à l'attention des délégué.e.s

Afin d’épauler les militants et délégués syndicaux qui souhaitent organiser des moments de débats autour du climat, par exemple, dans le cadre d’une assemblée du personnel, RISE vous propose une série d’outils :

  1. un diaporama (format ppt + format exécutable sans powerpoint + pdf pour impression) sur les enjeux climatiques actuels : des données scientifiques, la définition de la transition juste, des informations sur le projet de loi Climat et sur les acteurs et initiatives de la mouvance climatique ;
  2. un diaporama (format ppt + format exécutable sans powerpoint + pdf pour impression) avec des infos complémentaires et, notamment, le lien avec la question du temps de travail ;
  3. un document avec des liens de vidéos à projeter ;
  4. un document reprenant des questions pouvant aider à lancer le débat ;
  5. l’appel de la FGTB wallonne à soutenir les manifestations des jeunes pour le climat.

L’équipe RISE se tient également à votre disposition si vous souhaitez des informations complémentaires ou plus détaillées, pour répondre à vos questions et pour co-animer des moments de débats.

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Genre et changements climatiques : tout ce qui modifie nos sociétés à un impact sur les femmes…

Notre système économique s’est développé au cours des siècles sur un mode patriarcal afin de favoriser un groupe de la population au détriment du reste du monde : les femmes, les populations du Sud et la nature.

Les évolutions récentes n’ont pas permis de renverser ce modèle et de sortir d’un regard anthropocentrique majoritairement masculin sur le monde malgré que les femmes représentent 51 % de la population.

Les réponses technologiques actuelles au défi climatique renforcent l’impression erronée du contrôle de la nature et d’un pouvoir croissant de l’espèce humaine sur celle-ci. Elles creusent la distance affective et affaiblissent le lien de l’humanité avec la nature.

Les secteurs verts majoritairement masculins !

Au niveau de l’économie formelle, le constat est clair. Les dix principales entreprises pétrolières qui représentent 35 % des émissions mondiales cumulées depuis 1988 sont dirigées essentiellement par des hommes. Les emplois masculins sont largement majoritaires dans les secteurs les plus polluants comme la pétrochimie. Ce sont eux qui risquent de perdre prioritairement leurs emplois et qui vont se retrouver en compétition avec les femmes sur le marché de l’emploi dans le secteur des services notamment.

La situation n’est pas tellement meilleure au niveau des énergies renouvelables où les femmes occupent seulement 20 à 25 % des emplois. Si celles-ci sont structurellement sous-représentées dans les domaines technologiques, scientifiques, informatiques et dans les structures de décision et de négociation, elles sont par contre majoritaires, par exemple, au niveau du secteur de traitement des déchets caractérisé par des conditions de salaire et des conditions de travail médiocres.

Au-delà du questionnement sur leur pertinence écologique, une partie importante des agrocarburants importés proviennent de pays où les droits humains ne sont pas respectés. La fiscalité carbone aura également un impact plus important sur les groupes de population qui disposent de moins de ressources.

La responsabilisation individuelle impacte la charge mentale des femmes…

Mais ce n’est pas tout ! Quand on sait que 70 % du travail informel domestique et de soins est pris en charge par les femmes dans les pays du Nord et que ce travail représente entre 20 et 50 % du PNB selon l’OCDE et à 13 % selon le PNUD au niveau mondial, on se rend compte de l’importance cruciale de tenir compte de la dimension du genre au niveau du débat climatique.

La consommation de produits biologiques, la cuisine « faite maison », le tri des déchets augmentent la charge mentale des femmes. L’utilisation de moyens de transports plus écologiques augmente les temps de trajet notamment pour conduire les enfants à l’école.  Les épisodes de canicules de plus en plus fréquents nécessitent d’octroyer une attention accrue aux personnes âgées, aux malades et aux enfants, sachant que les soins aux personnes âgées sont dispensés à 73,4 % par des travailleuses migrantes.

Quelle place pour la question du genre dans la politique climatique internationale ?

Pourtant, les études portant sur le croisement entre les questions du genre et du climat sont encore trop peu nombreuses.

Des efforts sont faits néanmoins pour mettre la question du genre à l’agenda des négociations climatiques internationales au sein de l’UNFCCC (Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique ).

En 2001, pour la première fois, le plan Beijing a été adopté sur les moyens de faire en sorte que les Parties soient plus largement représentées par des femmes dans les organes créés en vertu de la Convention-cadre.

Progressivement, au fil des COP successives, la dimension du genre a fait l’objet d’une attention croissance. Les ONG observatrices sont désormais consultées sur la mise en œuvre des politiques et la participation effective des femmes dans la prise de décision au-delà de l’aspect strict des quotas. La justice de genre, la place des femmes dans l’adaptation aux changements climatiques, le renforcement des capacités ont été évoqués lors de la COP 21 dans le cadre des négociations sur l’Accord de Paris.

Lors de la COP 23 qui s’est tenue à Bonn en 2017, un plan d’action « genre » a été adopté.

Des fonds ont également été mis en place pour financer des projets dans les pays du Sud et un point focal « genre » a été créé au niveau des délégations nationales dont la Belgique.

L’évaluation du plan d’action « genre » est à l’ordre du jour de la COP 25 qui se tiendra du 2 au 13 décembre 2019 au Chili (Santiago).

Le hic est que malheureusement, aucune de ces initiatives n’est contraignante et que leur mise en œuvre reste dépendante de la bonne volonté des parties.

Principales revendications des ONG de genre : surtout pas de fausses bonnes solutions !

D’une manière générale, les ONG spécialistes des questions de genre fondent leurs revendications sur les 4 « R » : Reconnaissance, Réduction, Redistribution et Représentation.

Au niveau belge, leurs demandent sont les suivantes :

  • intégrer la dimension du genre dans les études sur la transition juste ;
  • inclure le travail informel domestique et de soins dans le calcul du PNB ;
  • promouvoir le débat sur le partage des tâches ;
  • renforcer la formation des femmes aux emplois dans les secteurs « verts » ;
  • étudier les conséquences du développement de la mobilité « verte » et de la fiscalité carbone, sur les femmes.

Au niveau international, il s’agit d’intégrer la dimension du genre dans la finance climatique, de promouvoir l’investissement dans les services publics essentiels comme la distribution d’eau et la garde des enfants, d’octroyer des salaires décents à la fois aux pères et aux mères de sorte qu’ils puissent passer davantage de temps avec leurs enfants, de développer le congé parental et aussi… d’éviter les fausses bonnes solutions !

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Formation continuée à l'environnement/mobilité

  • Dates : 17 et 18 octobre ; 14 et 15 novembre.
  • Les permanents syndicaux recevront l'information en temps voulu. Toute inscription doit se faire par leur intermédiaire.
  • Consultez régulièrement notre rubrique Formations.

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La Cellule RISE, un outil pour soutenir votre action

Le projet RISE (Réseau Intersyndical de Sensibilisation à l'Environnement) a vu le jour en 1996. Soutenu par la Région wallonne, il rassemble la FGTB et la CSC autour de plusieurs objectifs :

  • sensibiliser les travailleurs et leurs représentants à l'environnement ;
  • stimuler la concertation sociale en environnement dans les entreprises ;
  • renforcer la capacité d'intervention des délégués sur les questions environnementales.

RISE vous propose différents outils pour vous aider dans vos actions :

  • des formations sur l'environnement ;
  • un service d'aide auquel adresser vos questions ;
  • un appui sur le terrain ;
  • un site web: http://www.rise.be ;
  • des brochures sur différents sujets relatifs à l'environnement (téléchargeables sur le site) ;
  • une lettre d'information semestrielle.
Pour toute information, n'hésitez pas à nous contacter

Cellule RISE du CEPAG

Conseillers : Jean-Luc Dossin, Lydie Gaudier, Evelyne Jadoul

Secrétariat : Daniel Wojtalik
Rue Haute 42 - 1000 Bruxelles Tél. 02 506 83 96 - Fax : 02 502 08 28

Mail : cepag@rise.be
Site Web : http://www.rise.be

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