Le Traité sur la Charte de l'Énergie : un obstacle à la Transition Climatique dans le Cadre du Green Deal Européen

Le Traité sur la Charte de l'Énergie (TCE) est un accord mondial datant de 1994. Au départ, il visait à favoriser la coopération dans le domaine de l'énergie et à encourager les investissements étrangers dans ce secteur. Mais récemment, il est devenu source de controverses en raison de son impact sur la lutte contre le changement climatique.

Qu'est-ce que le Traité sur la Charte de l'Énergie?

Le TCE a été créé pour protéger les investissements étrangers dans l'énergie. Il assure aux investisseurs étrangers des droits de propriété, la stabilité des règles et l'accès aux marchés de l'énergie. En principe, cela devrait encourager les investissements dans les projets énergétiques, ce qui est censé stimuler la sécurité de l'approvisionnement en énergie et la croissance économique.

Cependant, le TCE entre en conflit avec les objectifs du Green Deal européen pour plusieurs raisons:

  • Protection des investissements dans les énergies fossiles: Le TCE protège les investissements dans toutes les formes d'énergie, y compris les énergies fossiles. Cela signifie que les pays qui veulent réduire leur dépendance aux énergies fossiles pour lutter contre le changement climatique sont confrontés à des risques financiers, car les entreprises peuvent les poursuivre en justice si leurs politiques de réduction des émissions menacent leurs investissements.
  • Conflit avec les objectifs climatiques: Le TCE peut entraîner des désaccords entre les objectifs climatiques de l'Union européenne et les obligations du traité. Le Green Deal européen vise à réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre, mais le TCE peut empêcher l'UE de prendre des mesures strictes contre les industries polluantes sans violer le traité.
  • Manque de flexibilité: L'accord n'a pas évolué depuis 1994, ce qui signifie qu'il ne tient pas compte des progrès récents dans la lutte contre le changement climatique. Son manque de souplesse limite la capacité d'adopter de nouvelles politiques et technologies nécessaires pour atteindre les objectifs du Green Deal.

 La Belgique à un tournant-clé avec le Traité sur la Charte de l'Énergie

La Belgique se trouve à un moment crucial. Le 4 septembre prochain, lors de la réunion de la Direction générale des Affaires européennes (DGE) du Service public fédéral Affaires étrangères, le pays devra décider de son positionnement vis-à-vis du Traité sur la Charte de l'Énergie (TCE). Actuellement, il n'y a pas de consensus entre la Communauté flamande, qui soutient l'adhésion, et la Wallonie ainsi que Bruxelles, en faveur d'un retrait.

Le TCE, récemment révisé, risque de ne pas être approuvé, laissant la Commission européenne préconiser un retrait coordonné. Le TCE protège encore largement les énergies fossiles, en désaccord avec les objectifs de lutte contre le changement climatique et de transition énergétique. Il a également entraîné des condamnations financières pour plusieurs pays, membres de l'UE inclus.

Le temps est venu pour la Belgique de prendre position. Elle doit sérieusement envisager de se retirer du TCE pour mieux soutenir le Green Deal européen et contribuer activement aux efforts mondiaux pour le climat. La réunion de la DGE en septembre offre une opportunité cruciale pour une décision éclairée dans l'intérêt de la Belgique et de la planète.